Bolt=Le Boulon / chorégr. de Alexei Ratmansky ; réal.de Vincent Bataillon ; Ballet du Théâtre Bolchoï ; musique de Shostakovich ; Orchestre of the state theatre Bolshoi ; dir. Pavel Sorokin

Šostakovič, Dmitrij Dmitrievič (1906-1975)
Titre
Bolt=Le Boulon / chorégr. de Alexei Ratmansky ; réal.de Vincent Bataillon ; Ballet du Théâtre Bolchoï ; musique de Shostakovich ; Orchestre of the state theatre Bolshoi ; dir. Pavel Sorokin
Réalisation
Prod. : Bel Air Media,2006 (cop)
Description
1 DVD (1 h40 ) : 4/3 coul., son + 1 livret
Notes
PRET ET CONSULTATION
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Résumé
Bel Air classiques publie une oeuvre interdite par la censure stalinienne, et qui n'avait jamais été intégralement restituée. Cette représentation filmée en septembre 2006, année du centenaire de la naissance du compositeur Dimitri Shostakovich, fait figure de réhabilitation et de redécouverte légitime. Bolt, ou le "boulon" désigne cet élément apparemment bénin qui placé avec une précaution pernicieuse dans un engrenage peut faire imploser toute une machinerie. C'est symboliquement ce que s'apprête à réaliser, dans la version originale de 1931, un groupe d'ouvriers dans une usine du peuple, humanité insoumise qui ose braver tout un système. Chostakovitch et ses partenaires, (le chorégraphe Féodor Lopoukhov et le librettiste Viktor Smirnov), participent dans Bolt à l'avant-garde du début des années 1930, celle proche des constructivistes et du suprématisme qui s'intéressent au monde du travail, animés par cet esprit de protestation critique, profondément révolutionnaire, dressé contre tous les pouvoirs. La partition est extrêmement riche: aux nombreuses citations du folklore, de la musique de propagande soviétique, des chants révolutionnaires et de l'armée, du tango contemporain aussi, Chostakovitch associe ce en quoi il reste spécifique : un art de la protestation intérieure, cette critique rentrée, pleine d'une énergie glaçante et cynique, parodique et autodérisoire. Le parfum de la sédition fourmille ici en maints endroits. Or, peindre une série de personnages saboteurs dans le cadre d'une usine du peuple sur la scène d'un ballet, reste pour l'époque impossible, absurde, incongru, et pour le pouvoir stalinien, dangereux donc subversif. Le ballet est retiré de l'affiche après sa répétition générale en 1931. Pour Chostakovitch, c'est le premier heurt avec l'appareil politique, lui qui jusque là, était considéré comme le premier compositeur russe. La production révisée par Alexei Ratmouski est donc une recréation qui développe à partir de l'original ses propres options : le rapport de la religion et du peuple est gommé afin de souligner par exemple dans le trio amoureux, les rapports des êtres humains. Le ballet tire son intensité du rapport : conscience collective/individus. Dans la confrontation de l'homme à la machine, surgit la violence prémonitoire qui attend chacun s'il ne se rebelle pas : soumis, l'homme devenu machine, c'est à dire élément anonyme d'un système qui le dépasse, est rabaissé au rang inhumain, d'un esclave ouvrier, d'un travailleur de l'ombre. C'est ce que nous rappelle avec poésie et pertinence le premier tableau du ballet des robots... Si Ratmansky a réadapté le livret et la succession des tableaux, la violence poétique du ballet transparaît clairement. Une magnifique interprétation et une réalisation très convaincante, pour un grand hommage.
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